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Formule 1

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Plus bas une s√©rie d'√©tudes personnelles sur l'histoire de la F1   Choisissez une ann√©e < >


L'ann√©e o√Ļ ils faillirent √™tre champion du monde

Cette petite étude est consacrée aux pilotes qui n'ont jamais été champions et qui ont loupé le coche de peu, parfois de très peu !

2010 : Mark Webber

Apr√®s la surprise Brawn de 2009 la hi√©rarchie se resserre en 2010 pour l'une des saisons les plus passionnantes de l'histoire. McLaren, Ferrari et Red Bull sont au coude √† coude et Mercedes n'est pas loin. Webber se permet m√™me de devancer Vettel au championnat et j'entends encore un commentateur dire, au soir du GP de Belgique : «Il serait temps que des consignes d'√©quipe jouent en faveur de Webber car c'est le mieux plac√© de l'√©quipe et les √©carts avec les autres sont tr√®s serr√©s». Bien s√Ľr il n'en sera rien car Sebastian est le chouchou de Red Bull. La fin de saison de Webber est en demie-teinte. En t√™te du championnat √† 3 √©preuves de la fin avec 14 points d'avance sur Alonso et Vettel il se fait d√©passer par l'Espagnol puis par son co√©quiper lors de l'ultime √©preuve. L'unique occasion pour l'Australien s'est √©chapp√©e...

2008 : Felipe Massa

2008 est l'année Hamilton. Il domine nettement son nouveau coéquipier Kovalainen qui ne touche pas terre. Mais les Ferrari sont encore compétitives : Massa fait mieux que son champion du monde de coéquipier et revient sur Hamilton : il totalise le même nombre de victoires que lui à l'entame du dernier GP à Interlagos. Il est bien placé pour gagner son Grand Prix national et le championnat, à condition que Hamilton soit 6ème car les 4 points de sa 5ème place lui suffisent pour être titré. Lorsque Vettel dépasse Lewis à deux tours de la fin on se dit que Massa est le prochain champion. Mais Hamilton dépasse Glock à l'agonie avec ses pneus dans le dernier virage du dernier tour et devient champion du monde !

1999 : Eddie Irvine

Lorsque Jean Todt recrute Schumacher en 1996 c'est pour redresser la Scuderia d√©clinante. Il y arrive et en 1999 c'est le favori logique avec Hakkinen, champion l'ann√©e pr√©c√©dente. Mais coup de th√©√Ętre : il se casse la jambe droite √† Silverstone et doit manquer 6 Grands Prix. Tout repose sur son fid√®le lieutenant Eddie Irvine qui remplit sa t√Ęche vaillamment : √† l'entame de la derni√®re course √† Suzuka il m√®ne devant Hakkinen avec 4 points d'avance. Cependant, si le Finlandais gagne c'est fichu car √† √©galit√© de points il sera r√©trograd√© √† cause d'un moins grand nombre de victoires. Le scenario de la course est digne d'Hitchcock : Hakkinen gagne et Schumacher termine second √† 5 secondes devant Irvine troisi√®me. La conf√©rence d'apr√®s-course est du plus haut comique : Schumi, com√©dien comme jamais, fait semblant d'√™tre d√©√ßu de n'avoir pu remporter la course. Il aurait ainsi offert le titre √† son √©quipier. Mais il n'en a jamais √©t√© question une seule seconde et d'ailleurs il participera √† la f√™te que son rival a organis√©e pour c√©l√©brer son titre ! Un beau moment d'hypocrisie... Le pauvre Irvine ne s'en remettra pas et sera remplac√© l'ann√©e suivante par le docile Barrichello.

1981 : Carlos Reutemann

Cela fait une dizaine de saisons que le beau Carlos («El Lole» pour les intimes) anime le championnat de F1 et souvent aux avant-postes. Il est m√Ľr pour le titre en cette ann√©e 1981 alors que son co√©quipier - Alan Jones - avait √©t√© titr√© en 1980 sur l'irr√©sistible petite Williams. Reutemann avait jou√© le second pilote mais maintenant il a d'autres ambitions. Son d√©but de saison est remarquable et lorsqu'il entame le dernier GP il m√®ne le championnat avec un point d'avance sur le coriace Nelson Piquet et 5 sur le redoutable finisseur qu'est Jacques Laffite. Malheureusement des ennuis m√©caniques le font r√©trograder et Piquet devient champion du monde en terminant cinqui√®me. Ironie du sort : c'est Jones qui gagne et Williams qui remporte quand m√™me le titre constructeurs. L'ambiance de l'√©quipe √©tait d√©testable vis-√†-vis de Reutemann et ce dernier quittera la Formule 1 apr√®s le premier GP de la saison 82. Son co√©quipier sera champion du monde ! Quelle erreur r√©trospective...

1974 : Clay Regazzoni

Lorsqu'on aborde le dernier GP de l'année 1974 Regazzoni et Fittipaldi sont ex-aequo au classement avec 52 points. C'est une petite surprise car en performance pure Clay était dominé par son équipier Lauda, aux dents qui trainent par terre... Mais Clay, qui compte une victoire de moins que l'Autrichien, est plus régulier et il a multiplié les résultats intermédiaires. C'est sa dernière opportunité, même si Williams lui offrira la dernière victoire de sa vie en 1979. La course, à Watkins Glen, est un naufrage. Victime de problèmes de suspension Clay termine 11ème à 4 tours... Fittipaldi assure la 4ème place et remporte son deuxième titre. La course avait été marquée par l'accident mortel d'Helmuth Koinigg assez similaire à celui de Grosjean à Bahrein... à ceci près qu'il fut, lui, décapité.

1958 : Stirling Moss

On l'a baptis√© «le champion sans couronne» apr√®s 13 victoires en Grand Prix √† une √©poque o√Ļ il y avait 7 ou 8 √©preuves par an. Le pompon c'est 1958 : avec quatre victoires il se fait battre par le r√©gulier Hawthorn qui n'en totalise qu'une. Mais le bar√®me en vigueur l'a handicap√© : 8 points seulement au vainqueur et un point pour le record du tour. Avec le bar√®me actuel il aurait √©t√© champion haut la main.

Ceux qu'on n'attendait pas

C'est l'inverse de la rubrique précédente. Ils ont été titrés mais ce n'est pas eux qu'on attendait...

2007 : Kimi Raikkonen

Avouons-le : ce n'est pas une surprise totale car Kimi r√©alise une excellente saison : avant le dernier GP √† Interlagos il totalise m√™me 5 victoires, ce qui est plus qu'Hamilton ou Alonso qui se disputent la t√™te. Mais Kimi n'a jamais men√© le championnat au del√† de la premi√®re √©preuve et son √©quipier Massa fait jeu √©gal, lui chipant m√™me quelques pr√©cieux points. Ce nouveau management de Jean Todt aurait pu leur co√Ľter le titre. Mais la gu√©-guerre Hamilton-Alonso lui offrira la couronne sur un plateau √† l'issue d'un dernier GP d'anthologie. Mieux m√™me : si Massa n'√©tait pas arriv√© second c'est Alonso qui aurait √©t√© titr√© ! Cerise sur le g√Ęteau : Ferrari s'offre le titre constructeurs m√™me si McLaren totalise plus de points car la marque de Woking a √©t√© d√©class√©e suite √† l'affaire d'espionnage. C'est le dernier triomphe de la Scuderia jusqu'√† aujourd'hui !

1986 : Alain Prost

Cette ann√©e-l√† c'est la Williams-Honda l'arme absolue. Avant le dernier GP Mansell totalise 5 victoires, Piquet 4 et le valeureux Alain Prost 3, gu√®re aid√© par son p√Ęle co√©quipier Keke Rosberg. Mansell aborde Adelaide avec confiance, devan√ßant ses deux rivaux de 7 points. En th√©orie une troisi√®me place lui suffirait pour √™tre titr√©. Las, son pneu arri√®re gauche d√©chappe. On rappelle Piquet par s√©curit√© et Prost l'emporte... de m√™me que le championnat ! Sans doute le plus beau titre du Fran√ßais.

1982 : Keke Rosberg

Une saison folle. Si Keke l'emporte au final, 6 autres pilotes auraient pu y pr√©tendre, √† commencer par Gilles Villeneuve qui se tue √† Zolder. Son co√©quipier Didier Pironi prend la suite mais il a son terrible accident √† Hockenheim. Patrick Tambay, qui ne dispute qu'un demi-championnat aurait m√™me pu pr√©tendre √† la couronne avec plus de r√©ussite ! Alain Prost, lui, avait bien commenc√© l'ann√©e avec deux victoires mais la fiabilit√© d√©sastreuse de sa Renault en d√©cidera autrement. Les «McLaren boys» Lauda et Watson auraient pu tirer tirer leur √©pingle du jeu mais trop d'abandons compromettent leur chance. R√©sultat des courses : 11 pilotes diff√©rents s'imposent dans l'ann√©e et Rosberg l'emporte avec une seule victoire acquise lors de l'ant√©p√©nulti√®me √©preuve.

1976 : James Hunt

C√©l√©brissime saison qui fit m√™me l'objet d'un film. Il est vrai que le scenario est digne d'Hollywood : √† la mi-saison Lauda totalise le double de points de son rival et sa Ferrari semble imbattable. Mais son terrible accident au N√ľrburgring stoppe net son ascension irr√©sistible et tout se d√©cide lors du dernier GP sous la pluie. Lauda, dont l'instinct de conservation sort renforc√© de son accident, abandonne et Hunt s'offre le titre pour un point. Mais Lauda prendre sa revanche l'ann√©e suivante...

1964 : John Surtees

Pour bien comprendre la situation il faut savoir qu'à cette époque on retranche ses moins bons résultats pour privilégier la victoire. Ainsi, sur 10 Grands Prix, on ne retient que les 6 meilleurs. A l'entame de la dernière épreuve Graham Hill est assez largement en tête mais totalise 7 résultats : il devra donc en enlever deux. Surtees, lui, est tranquille : il a marqué 5 fois donc tous ses points comptent. Le troisième larron, Jim Clark, vient ensuite avec 9 points de retard sur Hill et 4 résultats seulement : il lui faut donc gagner cette épreuve sans que Hill marque de points pour l'emporter. Et c'est ce qui arrive au cours de l'épreuve ! Clark mène jusqu'à deux tours de la fin mais il abandonne et laisse ainsi le titre à Hill. Dan Gurney gagne mais il y a un ultime rebondissement : Bandini, coéquipier de Surtees, le laisse passer, permettant à l'Anglais de marquer deux points de plus et d'être titré in-extremis...

Ils ont écrasé le championnat

Dès les premières épreuves on sentait que le titre n'allait pas leur échapper. Leur cavalier seul est impressionnant...

2020 : Lewis Hamilton

Depuis 2014 il est le ma√ģtre absolu de la F1 m√™me si le rou√© Rosberg le bouscule en 2016. En cette ann√©e 2020 chamboul√©e par la covid-19 on se dit que les cartes vont √™tre un peu re-distribu√©es. Il n'en est rien, surtout avec la derni√®re trouvaille de Mercedes : le DAS. Comme souvent chez Lewis, la premi√®re √©preuve est une mise en jambes et son co√©quipier s'impose... lui permettant de se faire quelques illusions. Mais apr√®s c'est une rafale de victoires : 11 sur 14 GP cons√©cutifs, √©cœurant la concurrence. Une bouff√©e d'air frais √† Monza o√Ļ Hamilton commet l'erreur de rentrer dans la pit-lane ferm√©e... il √©cope d'une sanction et Gasly gagne.

2013 : Sebastian Vettel

Le sympathique Allemand sort de trois années victorieuses, mais ce n'était pas une sinécure : en 2010 et 2012 il dut arracher sa victoire lors de la dernière épreuve. En 2013 il n'en est rien : sa voiture est ultra-dominatrice et Webber l'ombre de lui-même. C'est un véritable rouleau compresseur : il remporte coup sur coup les 9 dernières épreuves du championnat, un record !

2004 : Michael Schumacher

Le Kaiser sort d'une année 2003 moins dominatrice que prévu et s'impose de justesse devant Raikkonen, alors que Montoya réalise lui aussi quelques exploits. On se dit que cette fois-ci on va se régaler... mais en 2004 il domine comme jamais. Il remporte les 5 premières épreuves, abandonne à Monaco, puis remporte les 7 suivantes ! Il totalise son plus grand nombre de points en une saison. Ce sera son dernier titre. Huit victoires l'attendent encore, puis un come-back raté en 2010 et la descente aux enfers fin 2013...

1992: Nigel Mansell

Nullement ébranlé par ses deux défaites de 1986 et 1987 puis par un intérim raté chez Ferrari, Nigel signe chez Williams-Renault et ressuscite en 1991 : avec 5 victoires il donne du fil à retordre à Senna. En 1992 il écrase tout le monde : il remporte les 5 premières épreuves et est titré alors qu'il reste 5 Grands Prix à disputer. Une première !

1969 : Jackie Stewart

Jackie sort d'une belle saison 1968 o√Ļ sa Matra-Ford, manag√©e par Ken Tyrrell, se permet de titiller la Lotus de Graham Hill promu favori apr√®s l'accident mortel de Jim Clark. Mais en 1969 pas de quartier : il remporte 6 des huit premi√®res courses. Quand on sait qu'il y eut 11 GP cette ann√©e-l√† c'est un beau ratio. Aucun de ses concurrents ne l'a vraiment inqui√©t√© et l'ann√©e 1971 sera du m√™me acabit.

1963 : Jim Clark

Comme je l'ai dit à propos de Surtees il fallait à cette époque retrancher ses moins bons résultats. Ainsi, en cette saison 1963 qui comptait 10 épreuves, il fallait comptabiliser les 6 meilleurs. La domination de Jimmy fut telle qu'il dut retrancher une victoire, une deuxième et une troisième place ! Carton plein et des miettes pour les autres... Une pensée émue pour son coéquipier Trevor Taylor qui termine la saison avec 1 point...

1954 : Juan Manuel Fangio

Le deuxième titre de Fangio fut le plus net : 6 victoires sur 8 courses disputées, il dut même retrancher une victoire comme Clark en 1963 ! Le champion argentin avait le chic de choisir la bonne voiture au bon moment, contrairement à d'autres... Il quitte Maserati en cours de saison pour aller chez Mercedes : il faudra attendre Hamilton pour retrouver une telle domination avec les flèches d'argent.

PS : J'aurais pu ajouter Jochen Rindt 1970 à cette liste, mais vous savez ce qui est arrivé...

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Ils ont loupé leur championnat

Ils sont tous champions en titre... mais cette année-là ils sont complètement à la ramasse.

1998 : Jacques Villeneuve

Jacques sort d'une ann√©e victorieuse o√Ļ le Kaiser avait tent√© de l'√©jecter lors de la derni√®re course comme il l'avait fait impun√©ment avec Hill en 1994. Il entame la saison 1998 dans la m√™me √©quipe ce qui est un exploit chez Williams car ils aiment bien lourder leur champion du monde : demandez √† Mansell, Prost ou Hill ! Malheureusement Renault s'est officiellement retir√© et son moteur est un ersatz bien faiblard : le Mecachrome. La saison est domin√©e par McLaren et Ferrari. Villeneuve, qui n'a jamais √©t√© dans le coup, termine √† une anonyme cinqui√®me place.

1988 : Nelson Piquet

En 1988 Williams perd le Honda qui va chez McLaren. Sentant le vent tourner Nelson signe chez Lotus, équipée elle aussi du moteur nippon et qui avait fait de belles perfs avec Senna parti rejoindre Prost. Las ! La Lotus de 1988, bien que signée Ducarouge, est une vraie trapanelle et ce n'est pas son équipier Nakajima qui sauve l'honneur. Le champion du monde en titre termine la saison à la sixième place.

1985 : Niki Lauda

L'Autrichien sort d'une fantastique saison 1984 o√Ļ il bat Alain Prost d'un demi-point ! La McLaren TAG-Porsche n'est plus l'arme absolue en 1985 : Lotus et Ferrari redressent la t√™te. La malchance s'accumule sur Lauda, n√©anmoins domin√© en performance pure par Prost, et il termine la saison et sa carri√®re par une abyssale 10√®me place. Heureusement il sauve l'honneur avec une victoire √† Zandvoort.

1980 : Jody Scheckter

C'√©tait un surdou√©. Je me souviens encore, pour l'avoir vu en direct √† la t√©l√©, de sa chevauch√©e fantastique en t√™te au Paul Ricard en 1973 sur sa McLaren alors qu'il n'en √©tait qu'√† son troisi√®me Grand Prix. Plus m√Ľr il remporte le titre en 1979 en marquant ces «points interm√©diaires» si chers √† Enzo Ferrari. Si la Ferrari est bonne en 1979 elle l'est beaucoup moins l'ann√©e suivante et Scheckter stoppe sa carri√®re en terminant 19√®me avec deux points...

1979 : Mario Andretti

La révolutionnaire Lotus à effet de sol domine en 1978 et leurs pilotes Andretti et Peterson mettent le championnat en coupe réglée en prenant les deux premières places (le second nommé à titre posthume). Mais dès l'entame de ce championnat il s'avère que Colin Chapman s'est fait dépasser par Ligier et Ferrari dans l'exploitation de son concept. Williams et Renault se joindront à la danse dans la 2ème partie de la saison. Mario termine l'année à la 12ème place avec 14 points. C'est la fin de sa carrière avec un ultime sursaut fin 1982 et une pige chez Ferrari (pole et 3ème place à Monza quand même !).

1961 : Jack Brabham

Pilote et mécanicien hors-pair Sir Jack Brabham sort de deux saisons couronnées de succès au volant de sa Cooper-Climax. Mais l'année 1961 est celle d'un changement de règlementation : les F1 ont un moteur de F2, autrement dit 1500 cm3. Les Anglais accusent le coup et Ferrari domine. Il redressera la barre en créant sa propre marque. En attendant il termine cette année-là à une peu glorieuse 11ème place...

Ils se retirent en pleine gloire

Les fins de carri√®re sont souvent tristes : je pense bien s√Ľr √† Schumi 2012, mais il y a aussi Emerson Fittipaldi, Graham Hill et autres Jacques Villeneuve : ils ont connu la gloire et leurs derni√®res ann√©es se passent dans les tr√©fonds du classement... N√©anmoins il y a quelques exceptions.

2016 : Nico Rosberg

Lorsqu'il est enfin titr√© en 2016 Nico est sur les rotules. Il a d√Ľ d√©fendre sa position pied √† pied face au retour fulgurant d'Hamilton jusqu'au dernier tour du dernier Grand Prix. Le rus√© Lewis avait m√™me impos√© un faux train √† la fin du GP d'Abu Dhabi dans l'espoir que des concurrents d√©passent Rosberg et ainsi le privent d'une seconde place synonyme de titre. Conscient que cette occasion ne se renouvellera plus jamais, Nico annonce sa retraite quelques jours avant la remise des prix de la FIA, stup√©fiant tout le monde et prenant de court son manager Toto Wolff.

1993 : Alain Prost

La saison 1991 est une grosse d√©ception pour Alain. Il avait int√©gr√© Ferrari un an plus t√īt pour fuir l'ambiance devenue malsaine chez McLaren (soyons honn√™te : il y avait contribu√© !). Il aurait pu jouer le titre en 1990 mais le revanchard Ayrton l'exp√©die au tapis √† Suzuka. La Ferrari est hors du coup en 1991 et Prost prend une ann√©e sabbatique. Il revient en 1993 dans l'√©quipe Williams, championne du monde avec Mansell. Il remporte le titre, se r√©concilie avec son ennemi jur√©, et se retire de la F1. L'ann√©e suivante il commente les Grands Prix pour TF1 et voit Senna se tuer en direct. Cet √©v√®nement le confortera dans sa d√©cision.

1973 : Jackie Stewart

Jackie aime les comptes ronds : il avait pris la d√©cision au d√©but de 1973 de se retirer apr√®s son centi√®me Grand Prix qui co√Įncide avec le dernier de la saison, disput√© √† Watkins Glen. Il avait insist√© aupr√®s de Ken Tyrrell pour que son co√©quipier et ami Fran√ßois Cevert devienne le leader de l'√©quipe. H√©las, le Fran√ßais se tue aux essais et l'√©quipe Tyrrell d√©clare forfait. Jackie, fra√ģchement titr√©, n'aura disput√© que 99 Grands Prix...

1958 : Juan Manuel Fangio

Apr√®s son cinqui√®me titre en 1957 le champion argentin d√©cide de passer la main. S'il dispute 2 Grands Prix en 1958 c'est juste pour des raisons symboliques (qui oserait faire √ßa aujourd'hui ?). Il y a bien s√Ľr le GP d'Argentine mais aussi le GP de France qui l'avait vu d√©buter 10 ans plus t√īt. A 47 ans, il trouvait naturel de se retirer ! Mais n'oublions pas qu'il fait partie de cette g√©n√©ration de pilotes dont la guerre a perturb√© la carri√®re...

La dure loi du sport

Ils ont fait une apparition √©clair en Formule 1. Une seule saison et puis s'en va... il faut dire que leurs prestigieux co√©quipiers ne leur ont pas facilit√© la t√Ęche !

1993 : Michael Andretti

Lorsque le fils a√ģn√© du grand Mario rejoint le team McLaren d√©but 1993 tous les espoirs sont permis car il a un solide palmar√®s aux Etats-Unis. Aucun Am√©ricain n'a gagn√© en F1 depuis son p√®re il y a 15 ans et il veut √™tre celui-l√† ! Malheureusement, devant ses pi√®tres r√©sultats, il est d√©barqu√© avant m√™me de finir la saison pour √™tre remplac√© par le prometteur Mika Hakkinen. Son co√©quipier ? Un certain Ayrton Senna...

1986 : Johnny Dumfries

En 1983 il r√©ussit l'exploit de battre Senna en F3 √† Silverstone. L'ann√©e suivante il remporte brillamment le championnat britannique avec 10 victoires. Sa pr√©sence n'est donc pas incongrue en F1 au d√©but de la saison 1986 aux c√īt√©s du Br√©silien chez Lotus-Renault. Sa saison est pourtant tr√®s m√©diocre : 3 points en tout et pour tout alors que Senna gagne 2 GP et termine 4√®me avec 55 points. Lotus passe un contrat avec Honda la saison suivante qui lui pr√©f√®rera √©videmment Nakajima !

1974 : Richard Robarts

Lui aussi issu de la Formule 3 il débarque dans l'écurie Brabham au début de 1974. Son coéquipier est Carlos Reutemann. Les performances de Robarts sont calamiteuses. Lors du GP d'Afrique du Sud il démarre de la 22ème place et termine à 4 tours du vainqueur... Carlos Reutemann ! Il est débarqué au bout de 3 Grands Prix, remplacé par von Opel qui amène avec lui un gros chèque. Il essayera de se recaser chez Williams... sans succès.

1972 : Dave Walker

Ce pilote australien est nanti d'un joli palmar√®s en F3 et attire l'attention de Colin Chapman fin 1971 qui l'engage pour 4 GP et la saison 1972 aux c√īt√©s d'Emerson Fittipaldi. Le Br√©silien remporte le championnat du monde avec 8 podiums sur 12 courses, dont 5 victoires. Dave, lui, finira avec un z√©ro point√©... sa meilleure performance √©tant une 9√®me place en Espagne. Aucun pilote dans l'histoire de la F1 n'a re√ßu une telle racl√©e de la part de son co√©quipier. A sa d√©charge la Lotus 72 √©tait plut√īt pointue √† piloter...

On ne saura jamais...

...s'ils seraient devenus champions du monde. En tout cas ils avaient le potentiel, mais un accident fatal les fauche au début de leur carrière en F1.

2014 : Jules Bianchi

On a tous en mémoire les terribles images du GP du Japon 2014 disputé sous la pluie. La course est interrompue par le drapeau rouge après le terrible accident de Jules Bianchi qui s'encastre sous une grue. C'est depuis cet accident qu'on envoie systématiquement le pace-car avant de la manipuler. Le podium est glacial : Hamilton, Rosberg et Vettel savent que l'irréparable s'est produit. On reconnait un grand pilote lorsqu'il atomise son équipier : c'est ce qui se passe avec le pauvre Chilton qui ne touche pas terre. Jules réussit l'exploit de marquer 2 points cette année-là à Monaco avec un piètre matériel. Il était couvé par Ferrari et aurait sans nul doute intégré la Scuderia dans un proche avenir.

1985 : Stefan Bellof

Les vieux comme moi se souviennent de cet hallucinant GP de Monaco 1984 o√Ļ la course est interrompue par Jacky Ickx √† cause de la pluie. Prost gagne de justesse avec un petit jeune √† ses trousses : Ayrton Senna, qui s'imaginait avoir gagn√© la course car il l'avait d√©pass√©. Mais c'est le tour pr√©c√©dent qui √©tait ent√©rin√© ! Un exploit √©tait pass√© plus inaper√ßu : la remont√©e en trombe de Stefan Bellof, troisi√®me avec sa modeste Tyrrell. Quelques tours de plus et les 2 premiers avaient du souci √† se faire ! Bellof avait gagn√© des courses en endurance pour Porsche et disputait sa premi√®re saison chez l'oncle Ken. Malheureusement ses points seront enlev√©s √† cause de la tricherie de l'√©quipe qui injectait des billes de plomb en fin d'√©preuve pour mettre le v√©hicule au poids minimal ! En 1985 il manque de peu le podium aux Etats-Unis avec sa trapanelle. Il se tue en endurance en septembre √† Spa apr√®s avoir fortement marqu√© les esprits.

1977 : Tom Pryce

Il apparait au cours de la saison 1974 et se fait vite remarquer, d'autant plus qu'il pilote une voiture peu comp√©titive, la Shadow, nouvelle marque am√©ricaine apparue la saison pr√©c√©dente. Il parvient m√™me √† faire de l'ombre √† notre Jean-Pierre Jarier national alias «Godasse de plomb» qui n'√©tait pourtant pas manchot lui non plus ! Il remporte l'ann√©e suivante une course hors-championnat et fait plusieurs podiums. Il aurait certainement explos√© avec un meilleur mat√©riel mais il se tue d√©but 77 √† Kyalami dans l'un des pires accidents qu'ait connu la F1 : il percute un commissaire traversant la piste avec un extincteur, le tue et se prend l'appareil de plein fouet. Il est mort sur le coup.

1975 : Tony Brise

Il d√©bute en F1 en 1975 chez Williams o√Ļ il effectue un remplacement au GP d'Espagne. Parti dix-huiti√®me il remonte √† la septi√®me place mais la course est interrompue par l'accident de Stommelen qui tue 5 spectateurs. Sa performance ne passe pas inaper√ßue et Graham Hill, qui veut passer la main, l'engage illico dans son √©quipe. Tony r√©cidive en Su√®de o√Ļ il marque un point pour son 3√®me Grand Prix. Sa carri√®re s'ouvre sous les meilleurs auspices... jusqu'au crash de l'avion pilot√© par Hill qui d√©cime toute l'√©quipe √† la fin de l'ann√©e.

1962 : Ricardo Rodriguez

A cette √©poque o√Ļ l'on commence sa carri√®re √† la trentaine, voire √† la quarantaine, Ricardo Rodriguez fait figure de m√©t√©ore. Tomb√© dans la marmite depuis tout petit avec son fr√®re Pedro il commence sa carri√®re brillamment chez Ferrari USA en endurance puis int√®gre logiquement la Scuderia courant 61 pour aider von Trips √† conqu√©rir le titre. Il a moins de 20 ans ! Il se qualifie en seconde position √† un dixi√®me seulement du champion allemand, qui se tue au cours de l'√©preuve. A cette √©poque les Protos sont aussi populaires, sinon plus, que la F1 et Ricardo signe de magnifiques performances en 1962 alors que sa Ferrari est beaucoup moins comp√©titive en F1. H√©las, il se tue √† la fin de l'ann√©e au volant d'une Lotus dans une course hors-championnat. Son fr√®re Pedro prendra la rel√®ve.

Des débuts laborieux

Il y a deux sortes de champions : ceux qui cassent tout dès leurs premières courses (je pense à Fittipaldi, Villeneuve père et fils, Hamilton...) et puis ceux qui ont des débuts plus discrets.

2009 : Jenson Button

Lorsque Jenson est titr√© en 2009 ce n'est plus un rookie : c'est sa dixi√®me saison en F1 avec des hauts et des bas mais surtout une stagnation inqui√©tante chez Honda qui se retire fin 2008. Il ne compte qu'une victoire √† son actif lors de l'entame de cette saison. S'il se rate il peut dire adieu √† la F1 mais les essais hivernaux ont r√©v√©l√© un potentiel int√©ressant √† cette ex-Honda devenue Brawn. C'est confirm√© en d√©but de saison puisqu'il remporte 6 courses sur 7 ! Il lui suffira de g√©rer les autres GP pour obtenir son titre, menac√© en fin de saison par les Red Bull de Vettel et Webber. Ce titre est aussi une r√©compense √† l'opini√Ętret√© de l'Anglais qui se montrera lib√©r√© et brillant lors des trois saisons suivantes chez McLaren-Mercedes en faisant jeu √©gal avec Lewis Hamilton.

1992 : Nigel Mansell

Cela fait maintenant douze ans que Nigel est en F1 et franchement on ne l'imaginait pas un jour champion du monde! Le d√©clic se produit lorsqu'il pilote pour Franck Williams qui lui donne sa chance en 1985 apr√®s 4 ann√©es de stagnation chez Lotus. Il est rapide, incontestablement, mais sujet aux «pannes de cervelle». On le surnomme «le ben√™t» et son nouveau co√©quipier Piquet ne se privera de le railler. Quand le Br√©silien sera titr√© en 1987 aux d√©pens de Mansell il dira : «C'est la victoire de la chance sur la b√™tise». Il manque le coche √† plusieurs reprises et se fait dominer par Prost en 1990 chez Ferrari. Le Fran√ßais aurait eu plus de chance d'√™tre titr√© s'il y avait eu de claires consignes en sa faveur ! Heureusement pour Nigel la Williams-Renault de 1992 est un avion et son co√©quipier Patrese n'est pas de taille pour lui faire de l'ombre. N√©anmoins il sera vir√© sans m√©nagement par Williams en fin de saison et ne s'en remettra pas.

1980 : Alan Jones

L'Australien en est √† sa sixi√®me saison et le grand public ne le connait gu√®re. Son physique de gar√ßon-boucher et son manque de charisme ne suscitent gu√®re l'enthousiasme. Il r√©alise quand m√™me un coup d'√©clat en faisant triompher la path√©tique Shadow apr√®s l'accident mortel de Tom Pryce. Dans la deuxi√®me moiti√© de la saison 1979 la nouvelle Williams est une petite bombe et Jones «explose». Il termine troisi√®me du championnat et l'emporte l'ann√©e suivante. En 1981 il gagne encore 2 GP puis sombre dans l'oubli jusqu'en 1986 o√Ļ il met un terme √† sa carri√®re. Curieux champion qui finit aussi discr√®tement qu'il a commenc√© !

Un premier Grand Prix qui met tout le monde d'accord

C'est le contrepied de l'article précédent. Ces gars-là imposent le respect dès leur première course.

2007 : Lewis Hamilton

Couv√© par Ron Dennis, Lewis a remport√© en 2005 et 2006 les deux championnats auxquels il a particip√©. Les yeux se sont √©carquill√©s lors du GP d'Istanbul en GP2 o√Ļ il remonte de la 19√®me √† la 2√®me place, manquant de peu la victoire ! Sa pr√©sence en F1 la saison suivante est donc logique, aux c√īt√©s du champion en titre Fernando Alonso. D√®s le premier Grand Prix, √† Melbourne, il fait jeu √©gal avec lui. Il en sera ainsi les GP suivants ce qui finira par agacer le Matador... Parti de la deuxi√®me ligne, il termine sur le podium juste derri√®re Raikkonen et Alonso. La l√©gende est en marche...

1996 : Jacques Villeneuve

Il a un nom c'est s√Ľr mais que vaut-il r√©ellement ? Il d√©barque des Etats-Unis o√Ļ il a remport√© des √©preuves prestigieuses dont Indianapolis mais on en a d√©j√† vu des pilotes de seconde zone triompher aux USA ! Il n'a pas le palmar√®s habituel des pilotes qui d√©barquent en Formule 1 (Formule Renault, F3, F2...). Son look particulier (lunettes, combinaison trop grande) d√©sar√ßonne. On est vite fix√© : en Australie il s'empare de la pole et m√®ne le Grand Prix pendant 54 des 56 tours de l'√©preuve : une fuite d'huile le contraint de lever le pied et il ouvre la porte √† son √©quipier Damon Hill. Ce dernier le battra au championnat mais il prendra sa revanche en 1997 o√Ļ il devient champion du monde. Rarement premier Grand Prix fut plus r√©ussi.

1989 : Jean Alesi

Jean remplace au pied lev√© Alboreto chez Tyrrell au GP de France sur le circuit Paul Ricard. Il participe parall√®lement au championnat de F3000 qu'il remportera de justesse √† √©galit√© de points avec Éric Bernard qui d√©bute aussi ce jour-l√†. C'est le renouveau de la F1 fran√ßaise puisque, outre ces deux-l√†, on a sur la grille Prost, Arnoux, Alliot, Grouillard et Gachot ! Alesi fait une course sensationnelle qui l'am√®ne √† la 4√®me place, loupant de peu le podium. Ken Tyrrell se pr√©cipite sur lui pour le faire signer. Il fera encore quelques exploits sur la modeste Tyrrell, notamment un GP √† Phoenix en 1990 o√Ļ il m√®ne la course pendant 34 tours devant sa Majest√© Senna. Le Br√©silien, pourtant avare de compliments sur ses adversaires, en fera au sujet de l'Avignonnais...

1980 : Alain Prost

Le jeune Fran√ßais remporte tous les championnats auxquels il participe et c'est logiquement qu'on le trouve au d√©part du premier Grand Prix de cette ann√©e-l√† √† Buenos-Aires. Il qualifie sa modeste McLaren (ce n'est pas encore l'arme absolue de 1984) une seconde devant son exp√©riment√© √©quipier Watson et marque le point de la 6√®me place au terme d'une course solide. J'adore son commentaire d'apr√®s-course : «Ce n'√©tait pas aussi difficile que ce √† quoi je m'attendais». Il r√©cidivera 15 jours plus tard en marquant deux points au Br√©sil ! Sa carri√®re est lanc√©e : il gagnera toujours au moins deux GP par saison entre 1981 et 1990 soit 10 saisons cons√©cutives : un record battu uniquement par Schumacher *.

1961 : Giancarlo Baghetti

Le jeune champion italien r√©alise un exploit unique. Nous sommes √† une √©poque o√Ļ il y a, parall√®lement au championnat officiel, toute une s√©rie d'√©preuves hors-championnat (22 cette ann√©e-l√† !). Baghetti trouve le moyen de s'imposer, devant des cadors comme Dan Gurney ou John Surtees, pour sa premi√®re participation en F1 que ce soit dans la course hors-championnat √† Syracuse ou dans l'√©preuve officielle √† Reims ! Apr√®s ce d√©but m√©t√©orique sa carri√®re sera en demie-teinte, ne faisant pas toujours le bon choix c√īt√© mat√©riel. Il d√©laissera la F1 pour se reconvertir en Proto... sans succ√®s.

* Même Hamilton ne l'a pas battu : il n'a gagné qu'un GP en 2013, sa plus mauvaise saison !

Ils ont loupé le coche

Un contrat mirifique les attendait... mais ils ont fait le mauvais choix.

1990 : Jean Alesi

Jean est la star montante du moment. Il a r√©alis√© des prodiges apr√®s une saison et demie chez Tyrrell. Plusieurs teams veulent s'offrir ses services √† commencer par Williams qui se s√©pare de Thierry Boutsen. Mais Jean pr√©f√®re rejoindre son pote Alain Prost au pire moment de la Scuderia et Mansell obtient le poste. On sait ce qu'il advint : en 1991 et 1992 0 victoire pour Alesi et 14 pour Mansell qui devient champion du monde. On peut penser que l'Avignonnais aurait fait au moins aussi bien ! Et en 1996 lorsqu'il rejoint l'√©curie Benetton championne du monde il pourra dire : «Caramba, encore rat√© !»...

1975 : Emerson Fittipaldi

Le champion br√©silien a √©t√© titr√© en 1974 sur McLaren et sa saison 1975 est tout √† fait honorable puisqu'il remporte 2 courses et finit 4 fois second. Il est vice-champion derri√®re l'intouchable Ferrari de Niki Lauda. Teddy Mayer pense que le renouvellement de son contrat ne sera qu'une formalit√©. Contre toute attente Emerson tente l'aventure Copersucar : une √©quipe 100% br√©silienne fond√©e par son fr√®re Wilson l'ann√©e pr√©c√©dente et qui se traine en fond de grille. La pr√©sence d'Emerson n'y changera pas grand-chose : jusqu'en 1980 il stagnera en fond de classement, sa meilleure performance √©tant une seconde place au Br√©sil en 1978. Un beau g√Ęchis... surtout quand on sait que James Hunt h√©ritera du baquet de Fittipaldi en 1976 et sera champion du monde !

1973 : Jean-Pierre Jarier

En 1973 la saison de F2 est un festival Jean-Pierre Jarier : il écrase tout le monde avec sa March en remportant 7 courses. C'est donc tout logiquement qu'il est en tête de liste pour succéder à Jacky Ickx qui quitte la Scuderia (il faut dire que la Ferrari de 1973 est un désastre) mais son patron Robin Herd oppose son veto. Du coup le Commendatore se rabat sur un autre petit jeune qui monte : un certain Niki Lauda...
Le palmar√®s de Jarier en F1 est indigne de son talent. On se rappelle encore de sa pige chez Lotus fin 1978 o√Ļ il remplace l'infortun√© Peterson. Colin Chapman s'exclamait qu'il n'avait jamais √©t√© aussi impressionn√© par un pilote, lui qui avait employ√© Mario Andretti ou Jim Clark !

Une chance insolente

Ils ont la victoire sur un plateau. De la chance, certes, mais il faut être là pour la saisir !

Spa-Francorchamps 2021 : Max Verstappen

«Le pot de chambre des Ardennes» : il a encore frapp√© cette ann√©e et le jour de la course la pluie tombe sans discontinuer. Le d√©part est sans cesse retard√© : tous les quarts-d'heure un bulletin nous l'informe. On fait deux tours derri√®re la voiture de s√©curit√© pour soi-disant «tester la piste»... Ce stratag√®me permettra d'√©viter l'annulation de l'√©preuve et c'est le classement √† l'issue de ces deux tours qui d√©terminera l'ordre d'arriv√©e, soit celui des essais. La moiti√© des points est attribu√©e et il y a m√™me une c√©r√©monie du podium √† la fin ! Les organisateurs ont fait fort...
12 points et demi qui n'ont pas été trop durs à aller chercher pour Max. Alonso, 11ème, est furax.

Barcelone 2001 : Michael Schumacher

Le Kaiser va remporter encore une fois le titre cette ann√©e-l√† mais Barcelone est la chasse gard√©e de Mika Hakkinen qui y a d√©j√† triomph√© lors des trois pr√©c√©dentes √©ditions ! Le scenario se r√©p√®te cette fois encore : Schumi part en t√™te car il est en pole mais apr√®s le premier ravitaillement c'est Hakkinen qui prend le commandement. Il creuse l'√©cart inexorablement et se permet de ravitailler une seconde fois sans perdre la premi√®re place. A l'abord du dernier tour Schumacher a plus de 30 secondes de retard : un gouffre ! Le moteur Mercedes est r√©put√© pour sa fiabilit√©... pas cette fois-ci car il l√Ęche au milieu du dernier tour. Schumi est tout √©tonn√© de gagner...

Monaco 1992 : Ayrton Senna

La saison 92 est archi-domin√©e par Mansell et sa Williams. Monaco ne fait pas exception : il s'est qualifi√© avec une seconde d'avance sur tout le monde ! A cette √©poque les arr√™ts au stand ne sont pas obligatoires et d√®s le d√©part Nigel s'envole et oublie ses poursuivants. Senna attend sagement l'arriv√©e pour empocher les 6 points de la seconde place. A 6 tours de la fin il a trente secondes de retard sur Mansell lorsqu'un petit incident survient : l'Anglais loupe son freinage √† la sortie du tunnel. Il s'engouffre dans la voie des stands et fait v√©rifier sa voiture. Les m√©caniciens ne trouvent rien d'anormal et il repart avec des gommes neuves. Malheureusement Senna, lui, est pass√© devant pour 4 secondes ! Nigel revient comme une balle sur le Br√©silien et butte sur lui jusqu'√† l'arriv√©e. Spectacle hallucinant que ces 6 derniers tours avec la Williams coll√©e √† la bo√ģte de vitesses de la McLaren et qui d√©bo√ģte √† chaque virage... en vain. L'arriv√©e franchie Mansell est assis √† m√™me le sol, √©puis√©. Il se demande comment la victoire a p√Ľ lui √©chapper tandis que Senna devise gaiement avec le Prince Rainier...

Monaco 1988 : Alain Prost

C'est un peu le m√™me scenario que pr√©c√©demment mais avec Alain dans le r√īle d'Ayrton. Ce jour-ci il y a Senna... et les autres. L'√©nonc√© des temps des essais r√©sume tout : 1er Senna en 1'23''99 et 2√®me Prost en 1'25''42 ! Le d√©part donn√© la fus√©e s'envole et on ne le revoit plus. A dix tours de la fin il a 54 secondes d'avance sur Prost lorsque, d√©concentr√©, il se crashe au Portier. Prost gagne et ne se prive pas pour critiquer la mauvaise gestion de course de son co√©quipier et adversaire...

De beaux gestes

Il y a des gestes h√©ro√Įques qui honorent leurs auteurs. Ils valent tous les titres du monde.

Spa-Francorchamps 1992 : Ayrton Senna

Pendant les essais Erik Comas sort de la route dans l'un des virages les plus rapides du circuit. Ayrton, qui le suit, ne se pose pas de questions. Il arrête sa voiture, court vers la Ligier accidentée en prenant de gros risques (les autres continuent de tourner !) et actionne le coupe-circuit car le moteur de Comas continuait à marcher. Il tient compagnie au Français groggy et lui parle en attendant l'arrivée des secours. Lorsqu'Erik passera deux ans plus tard devant la Williams accidentée à Imola il perdra toute envie de continuer en F1...

N√ľrburgring 1976 : Arturo Merzario

Nous sommes en d√©but de course. Pour une raison qui restera inconnue Niki Lauda perd le contr√īle de sa Ferrari, qui quitte la route, puis est renvoy√©e sur la piste apr√®s avoir heurt√© un talus. Elle est percut√©e par une autre voiture et prend feu. Les pilotes qui suivent s'arr√™tent. Arturo n'est pas le premier sur les lieux mais il est son sauveur. Au m√©pris du danger il fonce dans les flammes et extirpe le conducteur qui a perdu son casque dans l'aventure, gri√®vement br√Ľl√© et intoxiqu√©. On sait qu'il re√ßut m√™me plus tard l'extr√™me onction ! Mais gr√Ęce √† l'intervention d'Arturo ce jour-l√† ce sacrement fut pr√©matur√©... Une amiti√© ind√©fectible naquit entre les deux hommes qui ne s'appr√©ciaient pourtant gu√®re avant cet accident ! Arturo √©tait l'un des pilotes les plus attachants du paddock, avec son improbable chapeau de cow-boy viss√© sur la t√™te...

Kyalami 1973 : Mike Hailwood

La carri√®re de «Mike the Bike» est en dents de scie mais ce jour-l√† il sera h√©ro√Įque. Charlton, le r√©gional de l'√©tape, percute sa Surtees qui se retrouve au milieu de la piste. Regazzoni ne peut l'√©viter. La BRM du Suisse prend feu. Il est inconscient dans sa voiture. Hailwood plonge et re-plonge dans le brasier pour l'extirper. Sa combinaison prend m√™me feu ! Il recevra une m√©daille pour sa bravoure.

Zandvoort 1973 : David Purley

Voir un pilote mourir en direct à la télé est un spectacle traumatisant, surtout pour un amateur de course automobile. C'est pourtant ce qui s'est passé au GP des Pays-Bas 1973. La March de Roger Williamson crève, quitte la route, se retourne et prend feu. Purley, qui le suit, ne se pose pas de questions : il s'arrête et court vers son compatriote coincé dans la voiture pour le secourir. Mais il est tout seul ! Il ne peut qu'assister impuissant à la mort de son collègue. Il essaye désespérément de retourner la voiture à mains nues. Il a traversé la piste pour arracher un extincteur des mains d'un commissaire mais cela n'a pas suffi... L'incurie des secours est totale. Des policiers, aidés de leurs chiens, dissuadaient même des spectateurs d'aller prêter main-forte à Purley ! Denny Hulme, le président du GPDA, dira sa façon de penser de manière vive et peu amène aux organisateurs du Grand Prix après l'arrivée...

Quelques courses mémorables

Ils ont gagné, ou pas... Mais ils ont marqué l'histoire avec cette course-là.
NB : C'est un choix très subjectif parmi les courses qui m'ont marqué.

Montréal 2011 : Jenson Button

Une course mouvementée disputée sous la pluie avec une interruption de deux heures après le premier tiers ! Button, qualifié septième, heurte son coéquipier Hamilton à la suite d'une mésentente et sombre à la quatorzième place. Les conditions changent sans cesse et Button, muni de pneus intermédiaires remonte. Hélas il est pénalisé d'un drive-through pour vitesse excessive dans les stands ! Il re-chute au classement. La pluie redouble d'intensité et le drapeau rouge est brandi. Après l'interruption Jenson s'élance en onzième position. Cette fois il s'accroche avec Alonso et la course est neutralisée ! Il est bon dernier mais Button change de pneus au bon moment car les conditions changent sans cesse. il est 21ème et dernier au tour 40, 12ème au tour 45, 8ème au tour 50, 4ème au tour 60... il se paye successivement Schumacher, Webber et Vettel (dans le dernier tour!) puis franchit en vainqueur la ligne d'arrivée au 70ème tour alors que la nuit tombe...

Mexico 1990 : Alain Prost

L'écurie Ferrari a reconduit Mansell pour cette saison et Prost a été accueilli à bras ouverts après ses démêlés avec Senna la saison précédente. Le pauvre Nigel subit la domination du Français mais là, à Mexico, ça va changer : il s'est qualifié en 4ème position alors que le Français part 13ème ! Quand le départ est donné Prost sort 15ème du premier virage : il faut remonter loin pour le trouver dans une position aussi mauvaise. L'usure des pneumatiques sera la clef de la course. Senna, mal conseillé par ses ingénieurs, est victime d'une crevaison alors qu'il caracolait en tête. Prost, dont la voiture est mieux réglée que pour les qualifications, remonte un à un tous ses concurrents. Au 10ème tour il est déjà 8ème ! Les Ferrari sont en verve et Prost rejoint Mansell alors qu'il était parti loin devant. La jonction s'opère au 52ème tour. Au 55ème Mansell passe à la casserole et 6 tours plus tard Prost se défait de Senna et prend la tête. Doublé Ferrari et Mansell se demandera toujours pourquoi il n'a pas gagné ce jour-là !

Monza 1973 : Jackie Stewart

Il reste trois courses √† disputer. Trois points suffisent √† Jackie Stewart pour √™tre √† l'abri d'Emerson Fittipaldi et remporter le titre. Sur ce type de trac√© ultra-rapide sa Tyrrell n'est pas favorite. Il s'est qualifi√© sixi√®me et les Lotus de Peterson et Fittipaldi sont devant. Son d√©part est bon jusqu'√† ce qu'il cr√®ve au 8√®me tour. Il repart 20√®me (sur 22) et remonte jusqu'√† la fameuse 4√®me place synonyme de titre en battant et re-battant le record du tour. Comme le dit si bien Jos√© Rosinski dans Sport-Auto en fin de saison : «On aurait dit que les autres avaient une F2 et lui une F1 tellement √ßa crevait les yeux. Il ne s'est pas retir√© par la petite porte Jackie !»

Charade 1972 : Chris Amon

L'aventure Matra - si √©tincelante en F2 et en Protos - laisse un go√Ľt d'inachev√© en F1. Certes Stewart triomphe en 1971, mais c'est avec une Matra-Ford. Lorsque la marque s'aligne avec son propre moteur la saison suivante Jackie, fid√®le toute sa vie √† Ford, pr√©f√®re partir. Ce Grand Prix sera le dernier feu d'artifice de Matra : sa derni√®re pole-position, son dernier meilleur tour et son dernier podium !* Chris, que tout le monde donnait champion du monde un jour o√Ļ l'autre, n'a jamais r√©ussi √† gagner un Grand Prix comptant pour le championnat du monde des conducteurs. Sa scoumoune est l√©gendaire et on se dit que cette fois √ßa y est. Il part de la pole et m√®ne largement la course. Mais √† mi-course il cr√®ve et donne sur un plateau la victoire √† Stewart. Sa remont√©e est fantastique : il √©choue √† 4 secondes de Fittipaldi pour la 2√®me place et √† 30 de Stewart sur le circuit le plus long de la saison apr√®s le N√ľrburgring. Comme pour Jarier la carri√®re d'Amon en F1 n'a pas √©t√© √† la hauteur de ses immenses qualit√©s...

* En tant que constructeur, car ils feront un come-back mitigé en tant que motoriste. Dommage que Jean-Luc Lagardère ait été davantage passionné par ses chevaux de course et son empire de presse !


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